la liste de mes enviesTitre : La Liste de mes envies

Auteur : Grégoire Delacourt

Editeur : Livre de poche

Date de parution : 29 Mai 2013 

Genre : roman contemporain

Note : 3/5

Jocelyne, dite Jo, rêvait d’être styliste à Paris. Elle est mercière à Arras. Elle aime les jolies silhouettes mais n’a pas tout à fait la taille mannequin. Elle aime les livres et écrit un blog de dentellières. Sa mère lui manque et toutes les six minutes son père, malade, oublie sa vie. Elle attendait le prince charmant et c’est Jocelyn, dit Jo, qui s’est présenté. Ils ont eu deux enfants, perdu un ange, et ce deuil a déréglé les choses entre eux. Jo (le mari) est devenu cruel et Jo (l’épouse) a courbé l’échine. Elle est restée. Son amour et sa patience ont eu raison de la méchanceté. Jusqu’au jour où, grâce aux voisines, les jolies jumelles de Coiff’Esthétique, 18.547.301€ lui tombent dessus. Ce jour-là, elle gagne beaucoup. Peut-être.

 

L'avis d'Ialys

Dix-huit millions cinq cent quarante-sept mille trois cent un euros et vingt-huit centimes… Cela fait rêver n'est-ce pas ? Changement de vie, voyages, voiture, villa de rêve... Vous vous y voyez déjà. Tout vous semble désormais accessible et possible. Qui n'a pas un jour rêvé de gagner une telle somme d’argent ? Tout le monde sauf peut-être... Jocelyne notre héroïne. Jocelyne ne joue jamais aux jeux de hasard, elle ne croit pas à la chance et est satisfaite de la vie paisible qu'elle mène (pourtant je peux vous dire qu'elle est loin de faire des envieux). Elle vit à Arras (avouez que ce n'est pas la ville qui fait rêver), elle est propriétaire d'une mercerie (qu'est-ce-que c'est que ce truc ?), elle est mariée à un gros lourd dingue (et le mot est faible), a deux grands enfants qui ne donnent presque jamais de nouvelles (sales gosses ingrats) et un père qui perd sa lucidité toutes les six minutes (c’est court six minutes !). Mais tout n’est pas perdu, car elle est aussi la tenancière d'un blog de couture qui connaît un succès grandissant (plus de 10 000 visites par jour, euh je pense que je vais peut-être aussi me convertir prochainement dans la couture finalement !). 

Vous vous demandez donc pourquoi elle n'est pas plus enthousiaste que cela lorsqu'elle apprend que l'heureux gagnant de l'Euromillions c’est elle ! Pas de saut au plafond, pas de pliage de bagage express, pas de danse ridicule déguisée en canard...non Jocelyne elle, elle réfléchit. Mais à quoi ? Et bien au fait qu'elle a peut-être plus à perdre qu'à gagner dans cette histoire. Son mari, ses enfants et ses amis ne vont-ils pas la voir désormais comme la poule aux œufs d'or ?

Le regard des gens va forcément changer et Jocelyne a peur de l'hypocrisie, peur de l'oisiveté, peur de perdre ceux qu'elle aime. Elle redoute au fond d'elle-même qu'ils changent et qu'elle se retrouve seule. Alors avant de se décider à encaisser cette somme faramineuse elle commence à faire une liste de ses envies. Que pourrait-elle s'acheter avec cette somme ? Un tapis pour sa salle de bain, la dernière centrale vapeur, une voiture pour son mari, un sac Chanel... Plein de choses sont désormais possibles mais il y en a aussi certaines qui ne s’achètent pas : la santé de son père, le retour de sa mère, voir la passion dans le regard de son mari ou encore la reconnaissance dans celui de ses enfants.

Ce roman est une véritable leçon de vie sur ce qui au fond compte réellement. Etre entouré de centaines de personnes ou être auprès de celle avec laquelle vous pouvez partager vos joies et vos peines ? Dépenser sans compter ou connaître la véritable valeur des choses ? Notre héroïne a compris depuis longtemps que l'argent ne fait pas le bonheur. Mais apparemment ce n'est pas forcément le cas de tout le monde et elle va l'apprendre à ses dépens. 

Le livre est très court et se lit avec une incroyable facilité. J'ai cependant trouvé la première partie très longue. L'intrigue met vraiment un certain temps à se mettre en place et on en vient même parfois à être exaspéré par la passivité de Jocelyne. Mais un événement tout à fait inattendu vient donner le piment nécessaire pour rendre ce roman captivant et agréable à la lecture. Cette histoire fait partie de celles qui n’ont pas forcément un happy end car c’est une histoire réaliste qui pourrait arriver à chacun d’entre nous. C’est une histoire sur la valeur des choses, la valeur des gens et mais surtout valeur de la vie. Alors au lieu de réaliser une liste de nos envies ne voudrait-il pas mieux parfois plutôt en faire une sur nos priorités ?  A bon entendeur !

 

Citation  

« Ma mère me manque autant qu’au jour de sa chute. J’ai toujours froid autour d’elle. Je pleure toujours. À qui dois-je donner dix-huit millions cinq cent quarante-sept mille trois cent un euros et vingt-huit centimes pour qu’elle revienne ?

Je pense à moi, à tout ce qui me serait possible maintenant et je n’ai envie de rien. Rien que tout l’or du monde puisse offrir. Mais est-ce le cas de tout le monde ? ».